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logo user Articles rédigés par Laurie CHIARA

Les mathématiques unifient la recherche autour du cerveau et de la pensée

10/09/2020 Qui n’a pas été fasciné par le spectacle d’une souris apprenant à se diriger dans un labyrinthe pour trouver son repas ? Voir un rongeur, un oiseau ou un singe mémoriser une stratégie nous confronte à notre propre fonctionnement. Qu’est-ce qui lie nos cerveaux, où commence et où s’arrête la ressemblance ? Une façon de comprendre ce qui se passe dans la tête d’un être capable par exemple d’apprendre est de tenter de reproduire ses comportements… sur un ordinateur. Les mathématiques, concentrées en une ou plusieurs équations, proposent alors un scénario qui, s’il n’est pas nécessairement conforme à la réalité, « fonctionne ». Au sein de l’Institut NeuroMod, créé en janvier 2020 à Université Côte d’Azur, les scientifiques cherchent ainsi à intégrer dans un langage abstrait universel l’ensemble des connaissances sur ce qui se passe à l’échelle de nos cellules, des réseaux neuronaux et des structures cognitives à l’origine de nos comportements. Côté applications, cette recherche permet par ailleurs de développer l’apprentissage artificiel ou l’élaboration d’algorithmes bio-inspirés, plus efficaces et moins énergivores que les programmes informatiques usuels de l’intelligence artificielle. L’équipe transdisciplinaire espère ensuite « boucler la boucle » en décrivant comment la réalisation d’une tâche modifie en retour l’agencement du système. Bien qu’encore très éloignée du continuum complet d’un cerveau, la recherche menée à NeuroMod tente donc de refléter les processus fondamentaux de la biologie (brain) ainsi que leur fonctionnement dans l'esprit (mind), en modélisant les deux. L'Institut espère ainsi d’identifier des mécanismes pathologiques, de donner des idées à creuser aux sciences y compris humaines et sociales et trouve des applications dans les thérapies innovantes.

Les technologies connectées posent des défis inédits au droit

04/09/2020 Avec les objets connectés, les applications pour smartphone, la dématérialisation des services financiers, les activités humaines se traduisent en une masse considérable de données numériques. Or ces nouveaux outils, autrement appelés « deep techs », en prolongeant l’humain sous une forme non humaine, posent des défis inédits au droit. Ces technologies, par leur nature, remettent en question les fondements du raisonnement juridique, ses acquis et ses croyances. L’autonomie de décision de ces nouveaux outils met par exemple en question la responsabilité juridique du détenteur de la technologie. La facilité dérisoire qu’il y a à installer une application sur son téléphone amène à s’interroger sur le consentement de l’utilisateur à communiquer des données personnelles et à l’usage qui en sera fait. Par ailleurs, les algorithmes sous-jacents aux deep techs ne raisonnent pas comme nous. L’Intelligence Artificielle apprend à raisonner à partir d’immenses bases de données, sur un mode statistique. En écho à ces problématiques, Marina Teller et Caroline Lequesne, chercheuses en droit à Université Côte d’Azur, ont eu l’idée de créer le projet « Deep Law For Tech ». L’enjeu est d’amener les juristes à comprendre les fondements scientifiques des deep techs, afin de cerner au mieux les enjeux de leur intégration à la vie sociale et de trouver comment transposer les textes de loi existants aux situations inédites. Dans le même esprit, les étudiants sont invités à rejoindre une « fabrique du droit », ou « Fablex », au sein de laquelle ils peuvent travailler sur des cas concrets. Enfin, les chercheuses souhaitent créer une passerelle avec les lieux où la technologie est mise en oeuvre, en créant un observatoire des entreprises.

La Start-up Deep Tech Mycophyto booste les plantes par la racine en améliorant un phénomène vieux de 450 millions d’années

04/09/2020 L’émergence de potagers collectifs en ville, la distribution de « paniers » locaux ou la multiplication de casiers « bio » dans les rayons des fruits et légumes bousculent le modèle d’une agriculture intensive. Depuis une quinzaine d’années, les citoyens cherchent des produits frais, avec une meilleure qualité nutritionnelle et sûrs pour leur santé. Insecticides, pesticides et engrais, utilisés en masse pour accroître les rendements, sont parfois jugés dangereux ou rejetés au nom du principe de précaution. Les professionnels, eux, doivent faire face à ces réticences mais aussi aux attaques de nouveaux nuisibles ou aux changements climatiques. Or, leurs cultures n’ont pas été conçues pour développer un système immunitaire fort. La France reste donc un des premiers producteur et consommateur de pesticides en Europe. Car la reconversion des méthodes de culture coûte cher aux exploitants et surtout elle nécessite du temps. Mais grâce à la recherche, la science pourrait faciliter la transition agricole. Les outils d’observation et d’analyse de laboratoires permettent en effet désormais de disséquer les mécanismes naturels de collaboration et de défense des végétaux. Des travaux nourrissent ainsi l’ambition, au travers d’outils de « biocontrôle » de renforcer ces processus et d’inventer une nouvelle agriculture productive, sûre et durable. La Start-up Deep Tech Mycophyto, soutenue par Inrae et par Université Côte d’Azur améliore par exemple un phénomène vieux de 450 millions d’années.

CREEP, un surveillant pour les réseaux sociaux

04/09/2020 Microsoft, dans son quatrième rapport sur les incivilités numériques, publié en février 2020, estime que 57% des adolescents sont ou ont été touchés par une forme d’agression dans le cyber espace. Les attaques, émanant d’inconnu(e)s ou d’ami(e)s, se livrent dans l’intimité des réseaux sociaux. Dans un monde où les interactions numériques ne cessent de croître et revêtent autant de valeur que les échanges traditionnels, contribuant à forger notre identité, il faut donc savoir repérer la cyberviolence, le cyberharcèlement et la cyberhaine. Idéalement, l’alerte doit se faire dès les premiers signes, sans quoi le risque de repli sur soi, de décrochage scolaire et de désespoir des victimes reste majeur. Mais face à ce défi de société, comment la science peut-elle aider ? La réponse peut surprendre, puisqu’il faut chercher, en partie, du côté des sciences du numérique. Le traitement des données de masse, le développement de programmes d’intelligence artificielle s’avèrent en effet de précieux alliés. Deux chercheuses des laboratoires d’Inria et d’i3s participent ainsi à l’élaboration d’une sorte de surveillant du Web, baptisé CREEP. Programmé pour ne s’intéresser qu’aux victimes, il leur signale dès les premiers signes qu’elles sont la cible d’agression. Les adolescents peuvent alors échanger avec un chatbot pour ensuite savoir comment réagir et auprès de qui trouver de l’aide. Avec le projet de recherche OESIA, les co-créatrices de CREEP collaborent désormais avec Catherine Blaya, directrice de INSPE Nice et chercheuse à l’URMIS. Le dispositif intègre ainsi un volet préventif, en travaillant sur l’empathie des adolescents et leur capacité à se défendre dans le cyber espace.

Artistes et scientifiques à la conquête de réalités mixtes

21/07/2020 La technologie couplée à l’imaginaire des artistes permet aujourd’hui de faire voir au spectateur des réalités mixtes. La scène, les musées mais aussi la rue hébergent des oeuvres multi-dimensionnelles, accessibles devant soi et en même temps sous forme de multimédias ou de réalité virtuelle. Mais cette proposition inédite défie encore les savoirs-faire des artistes comme des scientifiques. Immerger les spectateurs dans un environnement sonore pose des contraintes différentes de celles d’une diffusion en stéréo. Plonger dans la réalité virtuelle à 360° nécessite de repenser la transmission du flux de données mais aussi le mouvement et les processus attentionnels du spectateur. Jean-François Trubert, musicologue et spécialiste des processus de la création musicale contemporaine, a ainsi monté un projet transdisciplinaire dédié aux réalités mixtes au sein d’Université Côte d’Azur. Lucile Sassatelli, enseignante-chercheuse au laboratoire d’Informatique, Signaux et Systèmes de Sophia Antipolis (I3S), membre Junior de l’IUF, s’associe avec lui pour piloter ce programme original et ambitieux. Ce dispositif permet de rapprocher les spécialistes du traitement des signaux, de la gestion des flux de données, de la simulation mais aussi des sciences humaines et sociales et les designers, scénaristes, monteurs, artistes. Plusieurs projets ont d’ores et déjà été investis. Un outil connecté a été conçu pour les compositeurs, afin de transmettre à l’ensemble des collaborateurs une simulation de l’œuvre fidèle à l’imaginaire de l’auteur. D’autres concernent les nouvelles lutheries connectées, la spatialisation sonore, ou encore la conception de contenus immersifs de réalité virtuelle à 360° et la création d’avatars. Le projet prévoit d’illustrer les recherches menées sur la scène du campus universitaire Bastide Rouge.

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